Questionnaire aux candidats et candidates aux élections législatives 2022

Suite à l'interpellation des candidats et candidates à l'élection présidentielle, le collectif Pour Que Vivent Nos Langues s'est adressé aux candidats et candidates aux élections législatives 2022 pour leur demander d'exprimer à leur tour, leurs positions sur des points essentiels pour nos langues.

 

Le collectif vous invite également à relayer le lien du questionnaire aux candidats et candidates autour de vous :

(https://framaforms.org/pour-que-vivent-nos-langues-elections-legislatives-1651481526)

 

Voilà nos questions:

 

1-La censure partielle de la loi Molac en mai 2021 a montré que l’interprétation par le Conseil constitutionnel des articles 2 et 75-1 de la Constitution pouvait entraver le développement des langues régionales souhaité par une grande partie de la population et des élus.

Si vous êtes élu, comptez-vous agir au sein de votre groupe pour qu'il propose une révision de la Constitution en faveur des langues régionales ?

Si oui, quelles modifications vous semblent les plus judicieuses, et à quelle échéance ?

 

2-Suite à la censure partielle de la loi Molac, le ministère de l’éducation nationale a publié le 16 décembre 2021 une circulaire précisant le cadre et les modalités de l’enseignement des langues régionales dont l’enseignement bilingue par immersion.

Vous engagez-vous, au sein de votre groupe politique, à faire respecter cette circulaire ?

  

3- Actuellement l’enseignement des langues régionales souffre de l’insuffisance de moyens dédiés, de l’oubli de ses spécificités lors des réformes successives, de la mise en concurrence avec d’autres enseignements. Leur transmission est ainsi gravement compromise.

Si vous êtes élu, comptez-vous agir au sein de votre groupe pour qu'il ouvre le débat sur un statut, une place et des moyens ministériels spécifiques pour les langues régionales dans l’enseignement ?

 

4- De manière générale, la préservation des langues régionales est tributaire de leur usage régulier et de leur réappropriation dans la vie publique. Des modalités spécifiques permettraient leur utilisation généralisée dans notre société avec le français, langue commune de la République, là où elles sont en usage, pouvant aller jusqu'à un statut de co-officialité dans les territoires qui le demanderaient.

Êtes-vous favorable à cette reconnaissance ?

Si oui, quelles mesures suggéreriez-vous pour y parvenir ?

 

5- L’ambition de l’Europe est d’être un territoire de paix, de respect de la diversité, de créativité et de droit commun comme le rappelle l'article 2 des traités européens. En complément de la modification de la Constitution en France,

Êtes-vous favorable à la ratification, dans le respect des droits fondamentaux et sans clause interprétative, de la Charte du Conseil de l’Europe sur les langues régionales ou minoritaires de 1992, signée par la France mais toujours pas ratifiée ?

 

6- Actuellement l’article 312-10 du Code de l’éducation issu de la loi d’orientation de 2013 n’est pas respecté par les services du Ministère de l’Éducation nationale et ces mêmes services ne souhaitent pas la mise en œuvre de l’article 312-11-2 issu de la récente loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion qui stipule que « la langue régionale est une matière enseignée dans le cadre de l’horaire normal des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et des lycées sur tout ou partie des territoires concernés, dans le but de proposer l’enseignement de la langue régionale à tous les élèves ».

Allez-vous exiger le respect de cet article et la mise en œuvre des moyens en heures et en personnels permettant son application ?

Si oui, par quelles mesures ?

 

7- Le Ministère de la Culture a aussi un rôle indispensable pour l’avenir de nos langues et leur contribution à la richesse et à la diversité culturelle de la France, à travers les médias, l'aide à la création et au spectacle vivant. Mais actuellement ,faute d’un budget dédié suffisant, ce rôle reste très limité.

Prendrez-vous position pour que les moyens financiers et humains en faveur des langues dites "régionales" soient augmentés afin qu’ils soient plus en rapport avec leurs besoins et les enjeux qu’elles représentent ?

 

Questionnaire aux candidats et candidates à l'élection présidentielles 2022

Le collectif Pour Que Vivent Nos Langues s'est adressé aux candidats et candidates à l'élection présidentielles 2022 pour leur demander d'exprimer leurs positions sur des points essentiels pour nos langues.

 

Aux candidats à la Présidence de la République

 

Depuis 2019, le collectif Pour que vivent nos langues regroupe la plupart des associations travaillant pour la promotion des langues régionales en France.

Cette coordination s’est mise en place pour faire face à un certain nombre de reculs récents dans l’enseignement de ces langues - notamment au travers de la réforme du lycée et du baccalauréat. Elle s’est alors mobilisée pour revendiquer un véritable statut pour des langues trop longtemps méprisées et victimes d’une transmission très insuffisante par l’enseignement, au point d’être en grand danger d’extinction. L'adoption à une très large majorité par l'Assemblée nationale et le Sénat de la loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion dite loi Molac en avril 2021 a représenté une avancée légale notable pour les langues régionales, mais sa censure partielle par le Conseil Constitutionnel a entraîné une crise que la circulaire publiée par le ministère de l’Éducation nationale en décembre 2021 ne résout pas. Ainsi, faute de volonté de l’État et de moyens ministériels spécifiques, la définition des moyens attribués à leur enseignement est-elle renvoyée à des négociations entre Régions et Rectorats et donc au bon - ou au mauvais - vouloir de ces derniers.

Si nos langues représentent un riche patrimoine, elles sont d’abord des langues vivantes, langues d’usage et langues de communication. À ce titre, elles doivent avoir toute leur place dans l'espace public, dans l'enseignement et les médias, et être véritablement prises en compte dans l'invention d'une culture ouverte assumant enfin la diversité de la République française dans toutes ses dimensions.

Vous vous présentez aux élections présidentielles, et nous ne doutons pas que votre projet intègre la définition d'une politique culturelle et éducative ambitieuse. C'est pourquoi, conformément aux aspirations de la population et aux principes internationaux et

européens sur la diversité culturelle, les droits humains fondamentaux et le développement durable, nous vous soumettons le questionnaire ci-après, afin de connaître vos positions sur la question des langues des différents territoires, sur leur place dans notre société, sur la politique que vous comptez mener en leur faveur ainsi que sur les moyens que vous comptez affecter à cette politique. Bref, sur leur avenir tel que vous l’envisagez. 

 

1/ La censure partielle de la loi Molac en mai 2021 a montré que l’interprétation faite par le Conseil constitutionnel des articles 2 et 75-1 de la Constitution pouvait entraver le développement des langues régionales tel que souhaité par une grande partie de la

population et des élus.

 

Si vous êtes élu, proposerez-vous une révision de la Constitution en faveur des langues régionales ? Si oui, quelle(s) modification(s) proposerez-vous, et à quelle échéance ?

 

2/ Actuellement l’enseignement des langues régionales souffre de l’insuffisance de moyens dédiés, de l’oubli de ses spécificités lors des réformes successives, de la mise en concurrence de ces langues avec d’autres enseignements. Leur transmission est ainsi gravement compromise.

 

Si vous êtes élu, mettrez -vous en place un statut et des moyens spécifiques pour les langues régionales dans l’enseignement ?

 

3/ De manière générale, la préservation des langues régionales est tributaire de leur usage régulier et de leur réappropriation dans la vie publique. Des modalités spécifiques permettraient leur utilisation généralisée dans notre société avec le français, langue commune de la République, là où elles sont en usage, pouvant aller jusqu'à un statut de co-officialité dans les territoires qui le demanderaient.

 

Quelle est votre position par rapport à cette reconnaissance ? Si vous y êtes favorable, quelles mesures mettrez-vous en place pour y parvenir ?

 

4/L’ambition de l’Europe est d’être un territoire de paix, de respect de la diversité, de créativité et de droit commun comme le rappelle l'article 2 des traités européens.

 

En complément de la modification de la Constitution en France, ferez-vous ratifier, dans le respect des droits fondamentaux et sans clause interprétative, la Charte du Conseil de l’Europe sur les langues régionales ou minoritaires de 1992, signée par la France mais toujours pas ratifiée ?

 

5) Actuellement l’article 312-10 du Code de l’ éducation issu de la loi d’orientation de 2013 n’est pas respecté par les services du Ministère de l’Éducation nationale et ces mêmes services ne souhaitent pas la mise en œuvre de l’article 312-11-2 issu de la récente loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion qui stipule que « la langue régionale est une matière enseignée dans le cadre de l’horaire normal des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et des lycées sur tout ou partie des territoires concernés, dans le but de proposer l’enseignement de la langue régionale à tous les élèves”.

 

Ferez-vous respecter ces deux articles de loi pour que l’enseignement de la langue régionale soit effectivement « favorisé » et « proposé » « à tous les élèves » dans les territoires concernés?

Ferez-vous en sorte, avec les moyens nécessaires, que tous les rectorats et régions concernés mettent en œuvre les conventions prévues par la loi pour le développement de cette offre généralisée ?

 

6) Le Ministère de la Culture a aussi un rôle indispensable pour l’avenir de nos langues et leur contribution à la richesse et à la diversité culturelle de la France. Mais actuellement faute d’un budget dédié suffisant ce rôle reste très limité.

 

Prendrez-vous les décisions nécessaires pour que les moyens financiers et humains en faveur des langues dites régionales soient augmentés afin qu’ils soient plus en rapport avec leurs besoins et les enjeux qu’elles représentent ?


Appel pour la journée des langues régionales du 10 octobre 2020

Le Collectif Pour Que Vivent Nos Langues s’est engagé dans l’organisation d’une « Journée des Langues Régionales » qui fixée au samedi 10 octobre 2020. Elle viendra en écho à la journée européenne des langues qui a lieu chaque année à l’automne.

Ce jour-là, dans plusieurs villes de Bretagne, d’Occitanie-Pays d’Oc, du Pays Basque, de Corse, d’Alsace et de Flandre, etc... nous mènerons une sensibilisation commune autour des grands termes de notre mobilisation « Pour Que Vivent Nos Langues ».

 

Cette Journée consistera en rassemblements symboliques et de réunions auxquelles seront conviés tous ceux qui, dans chaque région, sont engagés dans la défense et la promotion des langues et cultures régionales.

Nous vous invitons à prendre contact avec les structures de votre territoire, pour trouver le rassemblement le plus proche de chez vous.

Nous vous indiquerons ici la liste de tous les rassemblements prévus.


Lettre du Collectif au Président de la République

Le 18 juin 2020

Monsieur le Président de la République,

 

Notre collectif représente les acteurs associatifs œuvrant pour la défense et le développement des langues territoriales en France, comprenant des acteurs du monde éducatif et culturel engagés dans la transmission de ces langues, dans tous les territoires concernés par cette pratique éducative : Alsace-Moselle, Bretagne, Catalogne, Corse, Flandre, Occitanie-Pays d’Oc, Pays Basque, Savoie.

 

Ce Collectif, constitué à la rentrée scolaire de septembre 2019, s’alarme des conséquences dévastatrices pour la place des langues régionales dans le système éducatif français induites par la réforme du lycée et du baccalauréat, menée par le Ministre de l’Éducation nationale, M. Jean-Michel Blanquer.

Nous avons manifesté le 30 novembre dernier avec un millier d’enseignants, élèves et parents d’élèves, responsables associatifs, acteurs culturels et politiques, pour dénoncer les effets «  linguicides  » de cette réforme  au mépris  de l’article 75-1 de notre constitution, au mépris de l’article 312-10 du code de l’éducation, au mépris des conventions internationales garantes des droits culturels et linguistiques, et en opposition avec vos propres engagements électoraux (que nous reprenons en annexe de ce courrier) ainsi qu’avec vos déclarations comme Président de la République, notamment celle du 21 juin 2018  : «  Les langues régionales jouent leur rôle dans l’enracinement qui fait la force des régions. Nous allons pérenniser leur développement ».

 

Une délégation avait certes été reçue ce jour-là par les collaborateurs du ministre, mais cette esquisse de dialogue n’a connu aucune suite. Pourtant, début janvier, nous avons écrit à Monsieur le Ministre pour préciser nos demandes dans le courrier ci-joint. Nous n’avons reçu aucune réponse, aucun contact n’a été établi par le ministère.

Par ailleurs, la proposition de loi N° 321 « relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion » a été débattue le 13 février, en présence du Ministre Jean-Michel Blanquer qui, au nom du gouvernement, a demandé et obtenu que soient rejetées en bloc toutes les mesures proposées pour améliorer la place des langues régionales dans le domaine éducatif, comme il l’avait déjà fait pendant la discussion de la loi pour une école de la confiance.  Enfin le « plan langues » qui est mis en œuvre oublie complètement les langues de France dont l’offre va encore régresser. Nous ne pouvons interpréter cette attitude de rejet systématique de toute mesure en faveur de nos langues autrement que comme une fin de non-recevoir de sa part, et un refus total de tout dialogue.

 

Aussi, face au déni de réalité des conséquences mortifères de la réforme du lycée et au refus systématique d’améliorer le statut de nos langues malgré vos engagements, c’est à vous que nous nous adressons aujourd’hui avec l’espoir d’être enfin entendus.

En effet, l’avenir de la diversité linguistique et culturelle qui existe encore en France ne relève pas seulement d’une approche éducative, même si l’Éducation doit jouer un rôle central dans la transmission des langues et cultures de notre pays. C’est tout un projet pour l’avenir de la France qui est ici en jeu.

 

La réalité de la diversité linguistique de la France ne reçoit pas une attention suffisante des institutions. La démarche éducative en faveur des langues régionales telle qu’elle a été lancée dans l’Éducation nationale et l’enseignement confessionnel depuis 1951, et dans l’enseignement par immersion dans le secteur associatif depuis les années 1970, ne peut suffire à elle seule à sauver nos langues d’une disparition à moyen terme. C’est pourtant ce dispositif modeste que la réforme Blanquer du lycée et le Plan Langues sont en train de faire disparaître, en même temps que tout espoir d’une relance de leur rayonnement.

 

Nous sommes atterrés par le discours de déni des conséquences mortifères de la réforme du lycée et du baccalauréat pour nos langues que répètent le Ministre et ses recteurs depuis son entrée en vigueur. Ils se cachent, pour nier ses effets massifs et destructeurs, derrière le paravent d’une soi-disant « filière d’excellence », nouvellement créée, une option d’un enseignement de spécialité (EDS) alors même que pour toute la France, cette « filière d’excellence » ne compte en tout et pour tout qu’une centaine d’inscrits pour toutes les langues régionales. De toute façon, nous ne voulons pas que l’école favorise une poignée de spécialistes, nous voulons un accès facilité pour tous les jeunes à la langue de leur territoire.

La réalité, c’est ce que nous craignions en début d’année scolaire, et ce que nous ne pouvons malheureusement que constater avec effroi aujourd’hui : l’effondrement des effectifs, comme la suppression et la précarisation des filières existantes dans de très nombreux établissements de l’enseignement public et de l’enseignement confessionnel. C’est en fait tout un « écosystème » qui est menacé de disparaître si des mesures réparatrices ne sont pas prises immédiatement.

Ces mesures, elles ont été proposées au Ministre de l’Éducation nationale depuis plus d’un an par les associations, par de nombreux élus et toutes les régions concernées. Malgré l’urgence d’une intervention corrective (avant que la prochaine rentrée scolaire ne vienne encore aggraver la situation), aucune des mesures proposées n’a été retenue, aucun amendement à la réforme n’a été annoncé.

 

Nous sommes aussi atterrés par les conséquences mortifères que va provoquer le Plan langues étrangères notamment par le «   tout anglais pour tous » et le bilinguisme précoce français anglais qu’il promeut aux dépens des langues de France y compris du Français qui risque à terme de se retrouver dans une situation diglossique préjudiciable que les autres langues de France connaissent bien. 

 

Notre Collectif, maintenant que les mesures liées à la situation sanitaire sont progressivement levées, reprend sa mobilisation. Nous lancerons de nouvelles actions, et nous voulons faire en sorte que la question des langues et cultures régionales ait toute sa place dans les débats généraux sur notre modèle de société qu’il faudra urgemment engager dès que nous serons sortis de la crise actuelle.

 

Cependant, nous souhaitons très sincèrement qu’un dialogue s’instaure au plus tôt, et tel est l’objet de ce courrier que nous vous adressons. Nous espérons pouvoir rencontrer vos collaborateurs, et même vous sensibiliser directement à ce qui, répétons-le, représente un enjeu majeur pour la société française : l’avenir de sa diversité culturelle et linguistique.

 

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

 

Le Collectif Pour Que Vivent Nos Langues

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Annexe 1 - Signataires du Collectif.pdf
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Annexe 2 - Lettre JM_Blanquer PQVNL.pdf
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Annexe 3-Tribune 128 universitaires.pdf
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Annexe 4- Engagements En Marche.pdf
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Les elu.e.s qui ont soutenu le courrier au président

 

François Alfonsi, député européen
Paul Molac, député du Morbihan
Jean-Félix Acquaviva, député de Haute-Corse
Ramlati Ali, députée de Mayotte
Maurice Antiste, sénateur de la Martinique
Viviane Artigalas, sénatrice des Hautes-Pyrénées
Erwan Balanant, député du Finistère
Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres
Esther Benbassa, sénatrice écologiste de Paris
Thierry Benoît, député d’Ille-et-Vilaine
Claude Berit-Debat, sénateur de la Dordogne
Martine Berthet, sénatrice de la Savoie
Benoît Biteau, député européen
Anne Blanc, députée de l’Aveyron
Maryvonne Blondin, sénatrice du Finistère
Eric Bocquet, sénateur du Nord
Yannick Botrel, sénateur des Côtes d’Armor
Sylvain Brial, député de Wallis-et-Futuna
Max Brisson, sénateur des Pyrénées-Atlantiques
Moetai Brotherson, député de Polynésie Française
Vincent Bru, député des Pyrénées-Atlantiques

Fabrice Brun, député de l'Ardèche
Michel Canevet, sénateur du Finistère
Damien Carême, député européen

Maryse Carrère, sénatrice des Hautes-Pyrénées
Michel Castellani, député de Haute-Corse
Joseph Castelli, sénateur de Haute-Corse
Jacques Cattin, député du Haut-Rhin
Annie Chapelier, députée du Gard
Paul Christophe, député du Nord
Jean-Michel Clément, Sénateur de la Vienne
Paul-André Colombani, député de Corse-du-Sud
David Cormand, député européen
Yves Daniel, député de Loire-Atlantique
Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique
Jennifer De Temmerman, députée du Nord
Jean-Pierre Decool, sénateur du Nord
Gwendoline Delbos - Corfield, députée européenne
Karima Delli, députée européenne
Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône
Jeanine Dubié, députée des Hautes-Pyrénées
Nicole Dubré-Chirat, députée du Maine-et-Loire
Frédérique Dumas, députée des Hauts-de-Seine
Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques
Jean-Jacques Ferrara, député de Corse-du-Sud
Jean-Luc Fichet, sénateur du Finistère
Bruno Fuchs, député du Haut-Rhin
Laurent Furst, député du Bas-Rhin
Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français établis hors de France
Françoise Gatel, sénatrice d'Ille-et-Vilaine

Joël Giraud, député des Hautes-Alpes
Claude Gruffat, député européen
Danièle Hérin, députée de l'Aude
Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin
Philippe Huppé, député de l’Hérault
Yannick Jadot, député européen
Bruno Joncour, député des Côtes d'Armor
Sandrine Josso, députée de Loire-Atlantique
Régis Juanico, député de la Loire

Sébastien Jumel, député de Seine Maritime
Claude Kern, sénateur du Bas-Rhin

Eric Kerrouche, sénateur des Landes
Jacques Krabal, député de l’Aisne
Joel Labbé, sénateur du Morbihan

Fabien Lainé, député des Landes

François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône
Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques
Sandrine Le Feur, députée du Finistère
Marc Le Fur, député des Côtes d'Armor
Serge Letchimy, député de Martinique
David Lorion, député de la Réunion
Monique Lubin, sénatrice des Landes
Gilles Lurton, député d’Ille-et-Vilaine
Jacques Maire, député des Hauts-de-Seine
Graziella Melchior, députée du Finistère
Sophie Mette, députée de la Gironde
Jean-Marie Mizzon, sénateur de la Moselle
Bertrand Pancher, député de la Meuse
Jean-Jacques Panunzi, sénateur de Corse-du-Sud
Philippe Paul, sénateur du Finistère
Sylvia Pinel, députée de Tarn-et-Garonne
François Pupponi, député du Val d’Oise
Angèle Préville, sénatrice du Lot
André Reichardt, sénateur du Bas-Rhin
Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin
Michèle Rivasi, députée européenne
Mireille Robert, députée de l’Aude
Sylvie Robert, sénatrice d'Ille-et-Vilaine
Caroline Roose, députée européenne
Claudia Rouaux, députée d’Ille-et-Vilaine
Martial Saddier, député de Haute-Savoie
Maïna Sage, députée de Polynésie française
Denise Saint-Pé, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques
Mounir Satouri, député européen
Hervé Saulignac, député de l’Ardèche
Raphael Schellenberger, député du Haut-Rhin
Jean-Bernard Sempastous, député des Hautes-Pyrénées
Gabriel Serville, député de Guyane
Jean Sol, sénateur des Pyrénées-Orientales
Eric Straumann, député de Haut-Rhin
Simon Sutour, sénateur du Gard
Marie Toussaint, députée européenne
Boris Vallaud, député des Landes
Arnaud Viala, député de l'Aveyron
Salima Yenbou, députée européenne
Jean-Marc Zulesi, député des Bouches-du-Rhône


Lettre du Collectif au ministre de l'éducation nationale

Le 17 janvier 2020

Monsieur le Ministre,

 

     Depuis l’entrée en vigueur de votre réforme des lycées en septembre 2019, l’ensemble des acteurs de la promotion des langues régionales a pu en constater les effets catastrophiques. Cette réforme se traduit par la mise à bas de tous les efforts accomplis jusqu’à présent pour donner aux langues régionales une place dans le système éducatif français. Effondrement des effectifs, suppression ou précarisation des possibilités et filières existantes dans de très nombreux établissements : c’est tout un « écosystème » qui est menacé de disparaître.

 

     Nous vous demandons donc de suspendre l’application de votre réforme, en ce qui concerne les langues régionales, dans le cadre de la préparation de la rentrée prochaine, et de prendre un certain nombre de mesures urgentes.

Plus précisément, il convient :

A court terme, ou dès cette année afin d’éviter un nouvel effondrement des effectifs :

  •  de restaurer et améliorer l’attractivité de cet enseignement en rétablissant l’option facultative bonifiante de langue régionale au baccalauréat, en lui accordant le même coefficient que pour les langues anciennes, et en la rendant compatible avec le choix d’une autre option facultative.
  • de rendre la spécialité langue régionale autonome et compatible avec un enseignement de spécialité de langue et culture étrangère, comme l’est celle des langues de l’Antiquité ; - de rétablir partout la possibilité de choisir l’ordre des langues au baccalauréat et donc la langue régionale comme LVB y compris en section binationale où cette possibilité a été supprimée cette année. - d’ouvrir officiellement la langue régionale comme LVB dans tous les lycées qui proposent seulement la langue régionale comme LVC.
  • de créer au lycée, à l’instar des sections internationales et des sections européennes ou de langues orientales (SELO), une section bilingue – langue régionale. Ce dispositif organiserait l’enseignement de la langue régionale (4h, hors cadre LVB et LVC), des disciplines non linguistiques (DNL) en langue régionale, établirait le cadre d’évaluation et une mention sur le diplôme du baccalauréat ; il consacrerait des moyens spécifiques fléchés.
  • de rétablir la déconnexion entre le baccalauréat et Parcoursup afin que les lycéens et leurs familles choisissent librement l'ordre des langues au baccalauréat. Un élève ne doit pas être pénalisé pour avoir choisi une langue régionale en LVB.
  • de restaurer la possibilité de subir l’épreuve du baccalauréat en candidat libre : l’absence d’une telle possibilité pénalise des élèves qui n’ont pas accès dans leur établissement à un cours de langue régionale – cas malheureusement trop fréquent.
  • de rendre possible le choix d’utiliser la langue régionale pour les épreuves terminales, écrites ou orales, du baccalauréat dans les disciplines nonlinguistiques pour la session 2020 et les suivantes.
  • de reconnaître l’enseignement bilingue au lycée comme un parcours spécifique compatible avec tous les autres enseignements, notamment ceux de langue étrangère.
  • de rétablir une option de langue régionale au concours ordinaire de recrutement des professeurs d’école et de prévoir des postes de conseillers pédagogiques consacrés à la langue régionale en nombre suffisant.
  • d’inclure le flamand occidental et le francoprovençal dans la liste des langues reconnues.
  • d’affecter des moyens spécifiques, hors dotation horaire globalisée, à l’enseignement des langues de France, pour rompre avec le malthusianisme qui dans trop d’établissements, au moment des choix, amène les décideurs locaux à sacrifier la langue régionale.
  • de préserver l’édition papier d’outils pédagogiques développés en langue régionale par le réseau Canopé.
Dans la perspective à plus long terme de la consolidation d’une véritable place des
langues régionales dans le système éducatif, il faut :
  • mettre en oeuvre une politique volontariste de recrutements d’enseignants, suffisamment affichée en amont pour sensibiliser des étudiants propres à s’engager dans les formations menant à ces recrutements.
  • mettre en oeuvre une véritable politique d’information des familles concernant les possibilités de suivre un enseignement de langue régionale dans les filières immersives, bilingues paritaires, et pour toutes les formes d’enseignement prévues par les textes toujours en vigueur.
  • reconnaître l’enseignement bilingue comme un parcours spécifique, de la maternelle au baccalauréat. Ce dispositif organiserait l’enseignement de la langue régionale, des disciplines non linguistiques (DNL) en langue régionale de manière à tendre vers la parité horaire, établirait le cadre d’évaluation et les mentions sur les diplômes ; il consacrerait des moyens spécifiques fléchés.
  • développer des parcours d’immersion dans le public, comme cela est expérimenté pour le catalan, le basque ou le corse.
  • reconnaitre l’enseignement immersif associatif et lui donner les moyens d’accompagner son développement.
     Lors de la réunion qui s’est tenue au ministère ce 30 novembre 2019, vos représentants nous ont délivré le message de votre attachement personnel aux langues régionales. Aussi nous vous demandons d’entendre en retour celui qui a été exprimé par les centaines de manifestants qui sont venus devant votre ministère à Paris, parfois de bien loin.
     Notre angoisse est réelle, et nous serons mobilisés sans relâche jusqu’à obtenir satisfaction. Il est clair en effet que, par ses effets dévastateurs, votre réforme contrevient à l’article 75-1 de la Constitution qui fait des langues de France une partie du patrimoine national, et aux dispositions de l’article L 312-10 du code de l’Éducation, conforme à la loi d’orientation de refondation de l’école de 2013, qui a permis quelques progrès dans la prise en compte des langues de France depuis la loi Deixonne de 1951. Comment admettre en effet que ce qui est une « part du patrimoine de la France » soit ainsi mis à mal par une politique publique ? Il faut faire le constat des impacts négatifs de la réforme et agir en conséquence.
     Nous sommes très nombreux à souhaiter que les langues régionales bénéficient enfin d’une reconnaissance et d’un vrai respect de la part de l’Etat, dont votre Ministère est un pilier essentiel. Il est temps de les faire enfin sortir de la précarité législative et règlementaire, dans la concertation avec tous ceux, élus nationaux, régionaux et locaux, syndicats et associations d’enseignants ou de parents engagés dans la promotion de nos langues dans l’enseignement public, associatif et confessionnel.
Il est donc temps de doter l’arsenal législatif de la France d’une grande loi sur les langues régionales qui les sorte enfin de la précarité où elles sont rendues désormais.
Cette loi, qui engagera l'État dans la valorisation et la transmission de nos langues, devra nous permettre de nous projeter dans l’avenir, en affirmant le rôle des autorités élues des territoires concernés par les langues régionales, en élargissant le champ des options pédagogiques proposées aux enfants, et en incluant la possibilité d’un enseignement par immersion dans l’enseignement public.
En recevant une délégation ce 30 novembre, vous avez accepté d’ouvrir un dialogue. Nous sommes tout disposés à le mener avec vous, dans une perspective constructive, mais, dans l’urgence que nous ressentons, nous vous demandons de prendre en considération, dès aujourd’hui, l’impérative nécessité de remettre en cause, pour la rentrée prochaine, les dispositions mortifères pour les langues régionales de la réforme du lycée et du baccalauréat.
Nous espérons être entendus et nous nous tenons à votre disposition pour de nouveaux échanges. Nous vous faisons part également de notre détermination à sauver nos langues qui participent à la réalité de nos territoires et à la diversité de la France et de l’Europe.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments
distingués.

Le Collectif Pour Que Vivent Nos Langues

 


Manifestation du 30 novembre 2019 à Paris devant le ministère de l'education

Suite à la création du Collectif Pour Que Vivent Nos Langues en septembre 2019, une manifestation a été organisée le 30 novembre 2019 devant le Ministère de l'Education Nationale.

La manifestation a rassemblé des centaines de personnes venues dénoncer la réforme du ministre Jean-Michel Blanquer et ses conséquences sur l'enseignement des langues.

A cette occasion, une délégation du Collectif a été reçue par les services du Ministère pour entendre ses revendications.

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